Sauvegardes et jeux vidéo

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C’est un détail et pourtant, les systèmes de sauvegarde ont radicalement changés notre manière de jouer

On dit souvent que le jeu vidéo, c’était mieux avant (certains disent même ça des démos…) mais foutaises ! Calomnie ! Spoliation ! Les jeux d’antan étaient pour la plupart d’une difficulté extrême, codés pour être terminés par de rares élus (qui accédaient ainsi à un niveau d’existence supérieur) Peut être dans un but à caractère eugénique, afin que les illuminatis puissent faire le tri entre l’élite et le petit peuple. #complot.

Même un otaku gavé de Redbull pouvant terminer en mode very hard Dark Souls la tête en bas avec des gants de boxe, pleurerait de douleur devant un tel sadisme orchestré en format midi. Il y avait des jeux comme Alex Kidd in miracle world (Master System) ou l’on doutait même que les concepteurs du jeu eussent réussi à le finir un jour. Le monde merveilleux de l’écran Game Over. C’est un jeu pour les gamins, ça ?

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Et les chères têtes blondes que nous étions, devions malheureusement se contenter d’une telle offre. Certains, à la récré, pour impressionner les plus jeunes, prétendaient même avoir terminé les Schtroumpfs sur Megadrive (mais c’était les même qui disaient ensuite que le code pour voir Lara Croft à poil fonctionnait)

(J’ai essayé, ça marche pas)

Avancer dans les niveaux représentait alors une odyssée dangereuse, un véritable combat entre l’intellect humain en ébullition et la perfide machine, froide et impitoyable, riant de nos vaines tentatives. Pourtant parfois, le miracle se produisait : on arrivait à avancer dans le jeu. La concentration était énorme une fois passée le troisième niveau. Pas le droit à l’erreur. Une heure…deux heures de jeu. La tension. Même les acariens retenaient leur souffle. Et croisaient aussi leurs petites papattes. L’exploit était proche.

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Quand finalement mon père appelait « A table ! »,nous renvoyant à la dure réalité (celle ou l’école existe) Et, voyant  que nous n’arrivions pas, débarquait alors dans le salon….Vite, si vite… pour éteindre D’ UN COUP SEC la Master System ! Devant nos yeux médusés de gremlins. Minute de silence, puis hurlements. Cri de désespoir et de rage envers le monde. Pourquoi, pourquoi tant de haine !? Et mes parents concluaient alors : « C’est les jeux vidéo ça les rends fou !»

Parce qu’il faut bien comprendre : il n’y avait pas de système de sauvegarde à l’époque. On pouvait pas se dire « Pas grave, je continuerais la prochaine fois ! » C’était grave ! Toute ta progression, toute ton épopée, foutue…fou-tue. Tout à refaire ! Et c’est notamment à cause de ce point de détail (pas de système de sauvegarde) que les jeux paraissait si difficile et inaccessibles.

Heureusement, certains titres ont progressivement permis aux joueurs du monde entier de découvrir l’autre coté du miroir. A cause du manque de mémoire embarquée sur nos machine, il fallut d’abord se contenter du système de password.

En effet, via l’utilisation de différents mots de passe, on avait la possibilité de charger n’importe quel niveau d’un jeu. On pouvait ainsi découvrir les derniers niveaux (souvent horriblement durs) que l’on aurait jamais pu atteindre autrement. Je me souviens, sur PC, mon cousin Cédric avait même un grand classeur ou était recensé tous les mots de passe de ses jeux DOS (Aladdin, The Lion King, Dune…) C’était important. De nos jours, le seul password qu’on te demandera, c’est celui de ta Mastercard.

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Assez rapidement après cette période, le PC proposa un vrai système de sauvegarde : on pouvait enregistrer sa partie à volonté. Mais ce système, qui peut paraître ultime, avait quelques ratés. Surtout quand on se mettait à confondre la touche « charger » et la touche « sauvegarder » ! Ainsi, dans Tomb Raider, je me souviens que mon frère avait voulu recharger sa partie après un mauvais saut. Pas de bol, il utilisa la touche sauvegarder. Ainsi, la partie fut foutue et on était condamné à voir Lara se viander lamentablement au sol après un saut de 30 mètres. Zut. Mais c’est pas trop mon truc, le PC. Revenons sur consoles de salon.

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La génération 16 bits généralisa l’option de la sauvegarde (Megadrive, SNES…via la cartouche de jeu). Mais je ne me souviens plus tellement de cette période en tant que gamer. Une fois sur PSone (32 bits), Sony Computer eu l’idée géniale de proposer une chose qui allait devenir un objet culte pour de nombreux joueurs : la carte mémoire Sur cette carte magique, il y avait 15 blocs disponibles pour sauvegarder notre progression dans les jeux. Malheureusement, la carte se remplissait bien vite, puisque rares étaient les jeux qui ne demandaient qu’un seul bloc de mémoire. Il fallait donc sauvegarder, mais avec parcimonie.Le gros dilemme : quand un pote te prêtait un super jeu qui demandait « trois blocs requis » et qu’il ne t’en restait que deux. « Bon, je supprime ma sauvegarde de 90 heures de Final Fantasy VIII ou mes 99% sur Gran Turismo ? »

Et à l’époque, il fallait encore sauvegarder. Réaliser l’action d’enregistrement, que la machine ne pouvait encore pas faire toute seule (maintenant, il y a beaucoup d’auto-save) Il existait bien des systèmes de check-points (comme dans Crash Bandicoot) mais pour sauvegarder durablement, il fallait passer par un menu spécial ou un lieu spécial un peu tranquille. L’écran de la Warp Room dans Crash, la machine à écrire dans Resident Evil, l’appel de Codec dans Metal Gear Solid. Ne pensez pas que c’était le grand luxe pour autant : certains développeurs avaient l’idée débile de limiter le nombre de sauvegardes possibles, via la collecte de cristaux par exemple (Tomb Raider III) Histoire de continuer à être sadique. « – Tiens, on va bien les faire chier, dans notre jeu, les joueurs vont devoir gagner le droit de sauvegarder ! »

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Dans de nombreux jeux, il y avait aussi des « points de sauvegarde » une sorte de borne spéciale à l’intérieur du jeu, cassant généralement toute immersion (un gros truc lumineux dégueulasse qui se voit à quinze mètres) Une franchise comme God of War continue d’ailleurs d’utiliser ce principe. J’ai un mauvais souvenir de ces bornes de sauvegarde d’ailleurs. Je me souviens dans Final Fantasy X (dédicace à la confrérie du short asymétrique) avoir passé des heures à faire du farming pour améliorer mes personnages. Et au moment de sauvegarder, à moins de deux mètres du point de save’, je me faisait attaquer par un misérable ennemi. Genre, un lapin nain rose armé d’un gland. « Ah ah, il croit me menacer, ce vulgaire rongeur kawai, il est mignon »

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(Point de sauvegarde, dans Final Fantasy XII)

Et, finalement par un mauvais concours de circonstances, ce dernier butait tout mes persos en trente secondes avec sa botte secrète. Fin de la partie. Game Over. WHAT ? Et oui, dans le cul, tes heures de farming ! Et là, la machine jubile. Il fallait sauvegarder plus souvent ! Le genre de #fail qui donne envie de tuer des bébés pandas à l’arbalète mongole devant des mecs de chez Greenpeace quoi. De plus, ces bornes étaient souvent mal positionnés. Dés fois, tu avais quinze points de sauvegarde répartis dans lieu banal genre « La ville des bonbons » et des fois, tu te tapait dix boss à la suite, tous prêts à te violer par tous les orifices, et impossible de sauvegarder entre les combats ! (Et impossible de s’assoir aussi) La rage pure et simple !

A l’époque des disques durs de 1 to et des sauvegardes automatiques, je reste traumatisé par mes jeunes années de joueur. Ainsi, pour chaque jeux, j’ai tendance à créer une sauvegarde dés que je fais trois pas virtuels. Pour MGS4 par exemple, je jongle avec vingt cinq sauvegardes ! De même, certains jeux sont devenus bien trop faciles (Prince of Persia) car le système de sauvegarde gâche tout challenge. Mais ça n’empêche pas pour autant la perfide machine de parfois prendre sa revanche sur l’homme, en souvenir du bon vieux temps.

Dédié aux sauvegardes corrompues et aux disques durs qui lâchent sans crier gare.

(Voir aussi la fiche Wikipedia dédiée aux sauvegardes dans le jeu vidéo.)

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3 réflexions sur “Sauvegardes et jeux vidéo

  1. Ah les bonnes vieilles sauvegardes. Que ferions-nous sans elles.

    Toi, t’as de la chance. Il me semble que t’es plutôt jeune et que tu n’as pas trop connu l’époque 8/16bits. Car hormis les RPG, peu de jeu avait un système de sauvegarde à ce moment là. Il me semble qu’il y en avait un peu plus du coté de chez Nintendo : Mario world, Zelda 3, Mario Kart, Donkey Kong Country, etc… Tu pouvais sauvegarder ton avancée d’une manière ou d’une autre. Mais c’était plus rare chez les autres éditeurs.

    Étonnement ce n’est pas à cette époque que j’en ai le plus chié, mais un peu plus tard sur la fin des années 90 avec les RPGs occidentaux genre Fallout ou Baldur’s Gate. Il m’arrivait de jouer pendant une bonne heure sans sauvegarder et de mourir comme un con sur un pauvre pack de merde parce que j’avais pas regen ou que j’étais à cours de munition… J’ai failli en péter des écrans à l’époque. D’un autre coté ça m’a travaillé le cuir. Aujourd’hui j’utilise généralement une 10aine de save sur un RPG, et je fais tourner les saves en écrasant les plus vieilles.

    Malgré tout, comme un coup du sort, il arrive encore que la machine vienne te planter un couteau dans le dos. Là par exemple, j’ai acheté la dernière version de Baldur’s Gate. Les mecs ont rajouté un système de sauvegarde et de rechargement rapide. Système que je n’utilise JAMAIS. Le truc c’est que le rechargement rapide est bindé sur la touche L, proche de la touche O (menu) et P (sort de prêtre). Il m’arrivait de glisser sur cette maudite touche L et de recharger une vieille partie enregistrée je ne sais trop comment qui me ramenait une heure seulement après le début du jeu…

  2. La généralisation des sauvegardes sur Playstation a complètement changé ma perception de la durée de vie des jeux vidéos. Sur 16 bits, j’ai fini assez peu de jeux sur la vingtaine que j’avais sur Megadrive : la faute à la frustration de devoir tout recommencer à chaque fois que j’éteignais la console.
    Ceux qui disent que les jeux sont beaucoup plus courts aujourd’hui ont une nostalgie déplacée et faussée. Par exemple, Comix Zone était un jeu très difficile, mais quand on le connaissait par coeur on pouvait le finir en une demi-heure.

  3. Article très intéressant qui me rappelle plein de souvenirs. Le « cela fait combien de temps que tu n’as pas sauvegardé? Deux heures (levelling sur Secret of Mana)? Hop reset » Merci maman, tu sais que je t’aime. Le traditionnel « A table » qui arrive également au moment ou tu arrives plus loin que d’habitude, ou que tu termines pour la première fois le jeu et du coup tu loupes la fin.

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